En
regardant l'Open Britannique cet été, de nombreux téléspectateurs
se sont étonnés de découvrir des fairways d'une jolie
couleur
jaune ! Panne d'arrosage, maladie subite, grève des jardiniers
? Rien de tout cela, mais l'eau est une denrée de plus en plus rare
et l'économiser est un devoir. "Un golf vit au rythme des saisons
et des fairways verts en plein été sont une aberration",
explique Rémy Dorbeau, greenkeeper au golf de Chantilly. Ce prestigieux
golf du nord de Paris pratique bien sûr la même politique d'économie
d'eau, grâce à l'appui compréhensif et connaisseur de
ses membres. Et si cet été au Royal Liverpool, Tiger, Phil,
Ernie et les autres ont trouvés ces fairways couleur paille absolument
parfaits, il reste encore à convaincre les golfeurs du dimanche que
les économies
d'eau ne se feront pas au détriment de leur swing.
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Les médicaments
du gazon à dose homéopathique
L'usage des engrais et
des produits phytosanitaires (fongicides, pesticides, insecticides
)
est l'aspect le plus controversé dans l'entretien d'un parcours, puisqu'il
est soupçonné d'être source de pollution
à
grande échelle. Or la méprise vient du fait que ces "médicaments
du gazon", certes indispensables pour la bonne santé de l'herbe
concernent essentiellement les greens qui ne représentent qu'un hectare
sur 50. Ainsi au niveau national la surface totale des greens atteint 11 km2
et ceux-ci consomment moins de 0.1% des pesticides utilisés dans l'Hexagone.
"Tous les sites n'ont pas les mêmes contraintes et les mêmes
besoins en entretien et en soins, il faut savoir s'y adapter", explique
Rémy Dorbeau, médecin chef des greens de Chantilly. Chaque greenkeeper
est un peu le toubib de son parcours et doit jouer entre les traitements préventifs
et curatifs.
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La faune et la flore
sous haute protection
Les écolos appellent
ça du "béton vert" ! Même si la flore n'a pas
toujours la même richesse que sur un site naturel, c'est oublier un
peu vite que le gazon des golfs, comme toute plante, assure le renouvellement
en oxygène de la planète. Et d'après Alain Dehaye, spécialiste
du gazon à l'AGREF, un 18 trous assure la production en oxygène
pour une population de 4000 habitants. Pas étonnant alors que de nombreuses
espèces animales et végétales s'y sentent chez elles.
En effet sur les 50 hectares moyens d'un parcours, environ 30 hectares sont
"hors jeu" et donc quasi à l'état sauvage. "Nous
avons recensé 104 espèces d'oiseaux sur le golf dont une soixantaine
y nichent", explique Emilio Vichera, greenkeeper du golf de Spérone,
en Corse. Ce site d'une rare beauté accueille aussi plusieurs plantes
endémiques et protégées comme la très belle anthyllis
barba-jovis ou barbe de Jupiter juste avant le green du 14. Autant d'espèces
qui s'y retrouvent protégées et pour lesquelles le golf sert
de réserve naturelle.